Contribution participative aux Assises du Numérique en Wallonie

Donner des compétences adaptées à la réalité économique

En 2014 le taux de chômage en Wallonie s’élevait à 12%. Pourtant de nombreux postes restent à pourvoir, faute de trouver des candidats adéquats. D’après la Commission Européenne, dans un futur proche, 90% des emplois nécessiteront des compétences informatiques. Or, en 2014, 47% de la population européenne avait un niveau insuffisant et 23% n’avait aucune compétence informatique.

Auparavant, la fracture numérique était avant tout d’ordre socio-économique, séparant ceux qui possédaient un ordinateur de ceux qui ne pouvaient pas se le permettre. Mais l’avènement d’outils à la fois peu onéreux et faciles à utiliser, ainsi que le développement de connexions internet rapides, ont permis de réduire cet écart.

Aujourd’hui, une nouvelle fracture numérique est apparue. Celle-ci sépare ceux ayant les compétences informatiques requises par le marché de l’emploi et ceux ne possédant que celles nécessaires pour la vie quotidienne, voire n’en possédant aucune. Nous faisons face à une génération de jeunes capables de communiquer en effleurant un écran, mais incapables de mettre en page un CV, éviter les écueils de la cyber-sécurité ou utiliser internet pour accéder à des services publics. Une étude récente, réalisée en Allemagne, révèle que les jeunes sont très compétents pour accomplir des tâches comme ajouter un signet à une page Web, mais que moins de 20% d’entre eux sont capables d’appliquer des styles de paragraphe dans un traitement de texte ou modifier le type d’un graphique existant dans un tableur, précisément le type de compétences recherchées par les employeurs.

Nous suggérons que la Wallonie :

  1. Fasse des compétences informatiques une priorité au niveau régional
    Les compétences informatiques doivent être une priorité à tous les niveaux de pouvoir. Afin de permettre à la Wallonie de profiter pleinement des bénéfices potentiels des TICs, il est rassurant de voir la Commission européenne adresser la problématique au plus haut niveau. En vue des chiffres mentionnés plus haut démontrant l’écart en matière de compétences informatiques, cette attention particulière est cruciale.
  2. Finance l’accès pour tous aux compétences informatiques pour l’emploi
    En définitive, si le développement de compétences permet d’économiser de l’argent sur le long terme, cela représente un coût à court terme. Bien qu’il existe un certain nombre de sources de financement pour des projets visant à améliorer les compétences informatiques, davantage doit être fait pour veiller à ce que ces fonds soutiennent le développement des compétences informatiques nécessaires pour l’emploi. La Wallonie risque de prendre du retard si les compétences de l’ensemble de la main-d’œuvre ne sont pas à jour. Il faut garantir la mise en place de financements pour que les travailleurs et les demandeurs d’emploi puissent bénéficier de formations de base leur permettant d’acquérir les compétences informatiques requises, et que ces financements soient connus de tous.

De nombreuses études démontrent que des employés possédant les compétences informatiques nécessaires représentent un gain de temps et d’argent et un retour sur investissement en formation et en certification. Une étude de l’ALBA Graduate Business School a démontré que des employés maitrisant les TICS sont plus efficaces, plus rapides et font moins d’erreurs. Le temps passé par les superviseurs et les collègues pour faire face aux difficultés est diminué de moitié lorsque les employés sont certifiés. Les employeurs ont une meilleure connaissance du niveau de compétences de leurs employés et peuvent donc les utiliser de manière plus efficace.

Une étude récente révèle une perte de 7,6% en productivité résultant du manque de compétences informatiques des employés. Un sondage réalisé parmi les professionnels des TIC en Europe de l’Ouest indique que le temps perdu à cause de cette incompétence équivaut à €14.492 par an par professionnel des TIC. Cela représente une perte de 19,5% en productivité pour l’entreprise dans son ensemble. Pour une organisation avec 1.000 employés, régler ces pertes de temps reviendrait à engager 195 nouveaux employés. Une étude sur le coût de l’ignorance informatique en Italie a constaté que des employés certifiés ECDL permettent de sauvegarder un montant annuel de €2.261 par employé. Des formations débouchant sur des certificats ECDL génèrent une amélioration en matière de compétence de 47%.