Contribution participative aux Assises du Numérique en Wallonie

Éducation numérique et archives

Les archives, publiques et privées, sont utilisées par une grande variété de gestionnaires d’informations: moteurs de recherches sur le web (Google, etc.), services de communication, journalistes, juges, avocats, notaires, personnel administratif, citoyens à la recherche de leurs droits, chercheurs, étudiants, amateurs d’histoire locale, généalogistes, etc.

Les évolutions technologiques récentes imposent la prise en compte de la gestion des archives numériques qui s’accumulent et exigeront tôt ou tard la migration de leurs données. Un plan d’action, appuyé sur une réflexion pointue doit être réalisé de toute urgence pour éviter des catastrophes d’ici dix ans. Ainsi il est plus que jamais impératif aujourd’hui de concevoir et de mettre en œuvre un système d’archivage électronique accessible tant aux centres et services d’archives qu’aux divers producteurs d’archives publiques et privées. Le défi majeur de ce plan d’action porte sur la collecte, la gestion, la sauvegarde, la conservation et la valorisation de l’information numérique (dans une perspective intégrée à la gestion de l’information papier) à la fois dans un souci de bonne gouvernance, mais aussi de préservation de ce nouveau patrimoine numérique.

Ce plan d’action doit intégrer plusieurs objectifs, dont celui d’accompagner l’évolution des métiers de l’archiviste au travers de la formation par la création d’une part d’un programme de formation (Master) en archivistique et en records management dans un cadre inter-universitaire, qui inclut la dimension «numérique» et d’autre part, d’un programme de formation (Baccalauréat) en Haute école qui donne les clés aux futurs professionnels des archives pour gérer et traiter les documents numériques. Afin que la Wallonie puisse répondre aux défis archivistiques de demain et égaler ses voisins européens en la matière, il est temps de mettre sur pied un cursus professionnalisant qui allie l’apprentissage des concepts traditionnels de gestion de l’information à une connaissance approfondie du fonctionnement des nouvelles technologies dans un contexte administratif et patrimonial. Les compétences existent mais il faut aujourd’hui une impulsion politique et des moyens humains et financiers pour que les universités en partenariat avec les hautes écoles concrétisent des projets qui séjournent dans les cartons depuis quelque temps déjà.

La création de modules de formation continuée est souhaitable. Ils devraient être construits et proposés au personnel en place dans les services d’archives de telle sorte qu’il puisse continuer à se former et à évoluer en fonction des exigences toujours renouvelées du métier, notamment liées aux défis de la révolution numérique. La conception de ces formations devrait se faire en collaboration avec les associations professionnelles du secteur. Plusieurs initiatives existent déjà (notons par exemple, la formation universitaire DocSafe (certificat en management de l’information numérique), subsidiée par la Fédération Wallonie-Bruxelles, et soutenue par deux universités et une institution fédérale), elles gagnent à être encouragées et diversifiées.