Contribution participative aux Assises du Numérique en Wallonie

Profiter de l’allongement de la formation des futurs enseignants pour former aussi les enseignants en place

Lors de la législature précédente, le Ministre en charge de l’enseignement supérieur a étudié l’allongement de la formation des instituteurs et régents de 3 à 5 ans. Ce projet est partiellement reconduit dans la Déclaration de Politique Communautaire 2014-2019 en proposant le passage rapide vers une formation en 4 ans puis en 5 ans à terme (voir la DPC, page 14).

C’est là une opportunité à saisir pour combiner une meilleure formation des futurs enseignants avec un moyen pratique d’organiser la formation continuée de ceux en place. En effet, cette formation continuée des enseignants est essentielle pour leur permettre de faire face aux nouveaux défis de l’éducation, et en particulier en ce qui concerne :

  • la formation au numérique (littératie numérique, science du numérique) ;
  • la formation aux usages TICE (exploitation des ressources du numérique pour faciliter l’apprentissage dans toutes les disciplines) ;
  • plus généralement, la modernisation des compétences  professionnelles des enseignants, notamment en tirant profit des apports des neurosciences cognitives qui permettent une pédagogie beaucoup plus efficiente, basée sur la compréhension des processus d’apprentissage des enfants.

Tous ces efforts de formation continuée se heurtent cependant à un problème majeur : comment remplacer les enseignants dans les classes pendant qu’ils participeront aux formations continuées ?

La proposition consiste dès lors à organiser des stages d’immersion pour les futurs instituteurs ou régents de 4e et 5e année dans lesquels ils prendront en charge, en totale autonomie, la classe d’un enseignant pendant par exemple 1 ou 2 jours/semaine durant 4 à 6 semaines. L’enseignant titulaire, ainsi libéré, sera invité à retrouver les bancs de l’école normale – devenue Catégorie pédagogique d’une Haute Ecole –  où il pourra recevoir une formation continuée adaptée à ses nouveaux besoins.

Cette formule ne manque pas d’avantages pour les trois parties :

  • l’étudiant stagiaire sera confronté à une situation quasi similaire à celle qu’il rencontrera dans sa vie professionnelle car ce stage est pratiquement un « interim », à ceci près qu’il peut être préparé et suivi;
  • l’enseignant remplacé bénéficiera d’une formation adaptée à sa discipline et à son niveau, étalée dans le temps, qui lui permettra d’expérimenter de nouveaux apprentissages;
  • enfin, les formateurs des Hautes Ecoles bénéficieraient, par ces contacts réguliers avec les enseignants en place, d’un retour d’expérience enrichissant pour le développement de nouvelles méthodes pédagogiques.

Au total, le système conduirait à un enrichissement mutuel de tous les intervenants au plus grand profit des élèves.

Bien évidemment, cette mesure postule que les formateurs des Hautes Ecoles aient eux-mêmes été dûment formés, comme suggéré dans une autre proposition.