Contribution participative aux Assises du Numérique en Wallonie

La compétitivité des entreprises de construction: Grandes entreprises vs PME/TPE – Big BIM vs Little BIM

Prise isolément, chacune des étapes, de l’offre à l’exécution de chantier, est susceptible d’être améliorée à l’aide de l’outil informatique. Cependant, l’ensemble du processus atteint un niveau d’optimisation plus important si toutes les étapes sont mises en relation et partagent leurs informations.

C’est tout l’apport des solutions intégrées, des ERP (Enterprise Resource Planning ou planification des ressources de l’entreprise). Cette approche est également appelée « Little BIM » en comparaison avec « Big BIM » qui se consacre quant à lui  à l’application générale du BIM au-delà des limites de l’entreprise et plus particulièrement aux processus collaboratifs autour des projets de construction. [1]

Pour les TPE/PME l’enjeu est double: le Little BIM est donc à la portée de toutes les TPE et PME engagées dans une logique de numérisation de leurs activités pour en accroître la compétitivité. La composante liée aux échanges d’informations entre l’entreprise et ses clients professionnels (B to B) ou privés (B to C) profitera directement de cette démarche.

En d’autres termes, c’est à l’ensemble du processus collaboratif que s’adressera le Little BIM appliqué à l’échelle de la TPE/PME. A contrario, l’entreprise non digitalisée sera, à terme, dans l’incapacité de communiquer efficacement avec ses partenaires.

  1. Sensibiliser et convaincre une masse critique d’entreprises qui n’ont pas été formées à l’utilisation des outils numériques et dont les compétences sont souvent plus liées aux techniques de chantier qu’aux principes de management. C’est par l’exemple, les témoignages de collègues et l’accompagnement sur mesure (collectif et individuel) qu’une telle réflexion pourrait être initiée au niveau de ces patrons peu numérisés
  2. Permettre aux professionnels sensibilisés de s’approprier le savoir-faire nécessaire dans des conditions adaptées aux petites structures. Pour ce faire, des outils (logiciels, applications web, modules e-learning, vidéos), services (pour diagnostiquer les besoins, accompagner l’entreprise dans ses choix et sa formation,…) et nombreux relais (centres de formation, CSTC, CCW, négoces, etc) sur mesure sont nécessaires.

Au travers de son Plan du numérique, la Wallonie se doit d’augmenter l’intensité digitale des entreprises et professionnels de la construction et de capter les bénéfices des TIC pour un secteur économique majeur qu’est celui de la construction wallonne. Le tissu industriel considéré est cependant tout sauf homogène. Que ce soit par le rôle que chacun des intervenants joue dans l’acte de construire ou de rénover (maître de l’ouvrage, architecte, entrepreneur, fabricant,etc) que ce soit par le niveau de formation de base (ingénieur, artisan) et la taille de l’entreprise (infrastructure TIC propre, service interne TIC) ou encore, que ce soit par le niveau de maturité TIC et le degré de compréhension des enjeux économiques liés au numérique.

Les actions structurantes envisagées suivantes devront donc être adaptées au public cible afin que l’ensemble du secteur puisse progresser et bénéficier des retombées économiques:

Action 1 : analyser les expériences et bonnes pratiques utilisant les outils numériques et en tirer des enseignements en termes d’investissements nécessaires et de bénéfices (coûts, délais, qualité, etc) au travers de l’élaboration de guides et de kits pédagogiques.

Action 2 : diffuser les bonnes pratiques numériques à l’ensemble des acteurs via la plateforme de la construction numérique mais en s’appuyant sur les sites d’information et de sensibilisation existants : sites du CSTC et du CRR, site « marchés publics », le portail de la construction durable (partenariat public-privé), plateforme du numérique en Wallonie (www.digitalwallonia.be ), etc.

Action 3 : accompagner un plan de communication (conférences, animations média, salons…) pour présenter au plus grand nombre d’acteurs possible les enjeux et les perspectives de la transition du numérique dans le secteur de la construction. Dans ce cadre, les marchands de matériaux constituent un élément important de la chaîne de valeur pour conseiller et stimuler les entreprises (TPE, artisans) à monter en compétence.

Action 5 : évaluer régulièrement l’intégration des pratiques numériques au niveau des acteurs de la construction au travers de l’établissement d’un baromètre. Mettre en place un outil permettant aux professionnels de diagnostiquer leur niveau de numérisation par rapport à leurs concurrents et d’identifier les améliorations possibles.

Action 6 : mettre en place des « Living Labs » regroupant des acteurs publics et privés de la plateforme de la construction numérique afin d’offrir aux acteurs de la construction la possibilité de tester en « grandeur nature » les services, les outils ou les usages nouveaux liés à la numérisation du secteur. Ceci en encourageant notamment les rencontres entre les développeurs d’applications numériques et les utilisateurs (développement d’une offre sur mesure – stimulation de la demande).

Action 7 : mettre au point des kits (logiciels, service/accompagnement) et un portail de projets sectoriels adaptés aux besoins des TPE/PME et des artisans. Pilotés par la plateforme de la construction numérique, ces kits et ce portail sécurisé pourraient notamment se concentrer sur des outils et services permettant de digitaliser les relations B to C (ex : site internet mis à jour) ou B to B et d’optimaliser, par le numérique, la gestion du processus constructif propre à l’entreprise.

Action 8 : encourager les fabricants à transformer leurs catalogues de produits en e-catalogues pouvant ainsi être utilisés dans le cadre d’échanges numériques avec les entreprises (BIM Ready)

Action 9 : intégrer dans les aides à l’investissement l’acquisition d’outils numériques (Litte BIM) par les TPE-PME wallonnes afin de favoriser leur intégration dans les processus de gestion des entreprises.

 

 

 

[1] http://www.cstc.be/homepage/index.cfm?cat=publications&sub=bbri-contact&pag=Contact23&art=349