Contribution participative aux Assises du Numérique en Wallonie

Accompagner les villes pour valoriser leurs commerces locaux via le numérique

Si les commerces locaux se portent mal ….

  • l’économie et  l’emploi se portent mal;
  • les villes et quartiers commerçants se portent mal;
  • les habitants et leur qualité de vie se portent mal.

Aujourd’hui, le parcours d’achat débute bien souvent sur Internet. Si les commerces locaux n’apparaissent pas de manière attractive en ligne, le client ira vers les grandes enseignes ou fera ses achats sur des sites de e-commerce souvent étrangers.

Suite à ce constat, les organismes qui s’intéressent à la santé du commerce en Belgique (UCM, Comeos, Belfius, etc.) poussent les commerçants à passer au numérique par la création d’un site vitrine ou d’un site e-commerce.

Pourtant:

  • malgré ces initiatives, les commerçants indépendants ne se sentent pas concernés ou maîtrisent trop peu le numérique pour mettre en place une stratégie valable;
  • les coûts et le temps nécessaires sont vite démesurés par rapport à leurs besoins et les subsides mal utilisés;
  • des « agences web » agressives, ou peu conscientes des besoins réels, les amènent à signer des contrats inadaptés.

Il en résulte que seuls quelques commerces d’une ville ou d’un quartier obtiennent une bonne visibilité en ligne et ceci au travers d’outils disparates.

Ce serait à la ville à développer une stratégie numérique pour son commerce local et ses quartiers commerçants afin d’améliorer sa propre présence dans le paysage numérique (visibilité, attractivité, fidélisation, etc.) et  son activité économique :

  • par une présence en ligne de qualité des quartiers commerçants dans leur ensemble, qui aurait plus d’impact que des actions individuelles et disparates de quelques commerces;
  • pour soigner son image, la ville doit se préoccuper de la visibilité et des avis clients pour l’ensemble de ses commerces sur les outils  les plus utilisés (Google Maps, Yelp, etc.);
  • une action globale qui serait beaucoup plus accessible pour les commerçants au niveau des coûts, du temps et des compétences à y investir.

Pourtant:

  • les personnes en charge des associations de commerçants, des ADL, les élus locaux, etc. ne sont pas des « experts du numérique », ne sont pas sensibilisés, conseillés, et n’ont pas les cartes en main pour faire les bons choix pour leur territoire;
  • il ne suffit pas de mettre un outil à disposition des commerçants et des quartiers, il faut également les motiver, les former et  assurer un suivi, une coordination des actions, une adaptation constante des outils choisis en fonction de l’évolution rapide du numérique, etc.
  • comme les grandes enseignes, les villes qui veulent se développer devraient mettre en place une véritable stratégie web-marketing via le numérique et la faire évoluer en analysant les résultats de chaque action.

Il en ressort que les petites initiatives locales ne pourront pas à elles seules redresser la situation.  Une prise en charge de ces aspects par les pouvoirs publics et l’élaboration d’actions d’accompagnement bien ciblées semblent indispensables.

Des suggestions:

  • une aide concrète pour accompagner massivement les commerçants à franchir les premiers pas, par exemple via des « stewards formés aux aspects du commerce connecté » mis à disposition des  EPN, ADL, organismes « gestion centre-ville », associations de commerçants, etc. et des aides e-business repensées (les aides RENTIC et e-business actuelles ne sont pas adaptées à ce public);
  • des mesures et des outils pour inciter et faciliter la présence en ligne des quartiers commerçants  (travail sur « l’image du quartier », sur sa visibilité en ligne, développer un véritable contact via des outils en ligne entre commerçants et habitants de proximité, etc.);
  • fourniture d’un package destiné aux élus et responsables locaux comprenant des formations, des supports d’information sur le long terme, un panel de solutions numériques validées et qui se complètent, des consignes pour leur mise en oeuvre auprès de leurs commerçants et de leur population, des outils pour mesurer les résultats obtenus, un coaching pour le suivi, etc.

2015 devrait être l’année charnière pour développer ces nouveaux outils et réagir avant un déclin irréversible des quartiers commerçants.

La France est également confrontée à cette problématique et de nombreuses initiatives s’y mettent déjà en place :

  • le projet CoSto ( Semaest) a été lancé à Paris il y a quelques mois (et vise les mêmes objectifs que le test actuel sur Dour);
  • les CCI des différentes régions organisent des tables de réflexion et des aides concrètes aux villes et commerces, comme des « packs » destinés aux élus locaux.