Contribution participative aux Assises du Numérique en Wallonie

Vers une utilisation généralisée des technologies numérique et une chaîne de valeur intégrée dans le secteur de la construction

L’effervescence autour du numérique dans la construction est aujourd’hui réelle au sein de l’Europe voire même de la Belgique. Le modèle BIM[1] (Building Information Model) contribue à ce mouvement car il bouleverse fondamentalement la façon de concevoir, de bâtir et d’exploiter les bâtiments et les infrastructures routières.

La modélisation des données du bâtiment ou BIM (Building Information Modeling) permet aux acteurs de la construction d’accélérer l’élaboration et la réalisation des projets, tout en réduisant les coûts de construction et d’exploitation.  Le BIM nécessite donc une approche intégrale du processus de construction, c’est-à-dire englobant les phases de conception, de mise en œuvre et d’utilisation (life cycle approach) [2].

Dans une directive de 2014 concernant les marchés publics, l’Europe, elle-même, recommande la dématérialisation des procédures et privilégie l’usage du BIM lors des appels d’offres pour les projets de bâtiments et d’infrastructures publics.

Le BIM permettrait d’écourter de 7 % la durée moyenne des chantiers et d’abaisser de 40 % les dépassements de budget.  Cet avis est corroboré par l’ouvrage français « Le BIM et la maquette numérique »[3] qui estime que sans l’usage du BIM, les informations relatives à un bâtiment sont enregistrées en moyenne sept fois. Ces saisies multiples sont source d’incohérences, de retards et d’augmentation du coût de l’ouvrage.

Outre les applications de gestion de projets, disponibles sur smartphones et tablettes, d’autres outils numériques permettent d’optimiser les processus opérationnels via un échange des informations dématérialisées en phase de construction.

Certains pays se sont fixés des objectifs ambitieux comme l’Angleterre, qui dès 2011, s’engageait dans une modernisation profonde du secteur de la construction par la numérique, notamment. Avec la volonté de réduire de 20% le coût de construction, de diminuer de 20% les délais d’exécution et de réduire de 20% le coût de gestion patrimoniale.

Au travers de son Plan du numérique, la Wallonie se doit de porter une stratégie ambitieuse d’intégration du BIM et des outils numériques au niveau des maîtres d’ouvrage et des professionnels de la construction.  L’adéquation entre l’intégration progressive des outils numériques dans le secteur de la construction va de pair avec les défis majeurs auxquels il sera confronté d’ici à l’horizon 2030, à savoir: construire et rénover davantage de logements et infrastructures, accroître la qualité, et à moindre coût,  sur les plans environnemental, énergétique, acoustique et d’adaptation aux changements climatiques et démographiques.

Avec la mise en œuvre de ses deux cahiers de charges-type de référence, le Qualiroutes pour les travaux de voirie et le CCT-B pour les travaux du bâtiment, la Wallonie a permis de renforcer la collaboration entre les acteurs de la construction quelle que soit la taille du projet.

Les actions suivantes dans le cadre du Plan du numérique pourront dynamiser ce processus collaboratif:

Action 1 : promouvoir la faisabilité et l’intérêt du recours au numérique dans le cadre des demande de permis d’urbanisme et de permis unique afin de diminuer les délais des procédures.

Action 2 : soutenir le développement de solutions numériques (Plateforme de collaboration 3D sur le Cloud) s’appuyant sur le CCT-B et Qualiroutes afin de favoriser l’implémentation du BIM au sein des marchés publics de travaux en Wallonie. Il pourrait s’agir de kits BIM se fondant sur des bibliothèques d’ouvrages types et des applicatifs de base (techniques, métrés,etc). La mise à disposition d’un facilitateur entre les CSC wallon  de référence et le BIM s’avèrerait pertinent.

Action 3 : encourager et accompagner l’autorité administrative (ex : société de logement) voulant recommander ou imposer l’usage du BIM pour les projets publics dont elle a la charge (éventuellement dans le cadre de PPP).

Action 4 : mettre en évidence l’intérêt du numérique et plus particulièrement du BIM pour la conservation du patrimoine. Elaborer une interface digitale « ad hoc » du guide sectoriel pour l’entretien des bâtiments et des routes en Wallonie.

Action 5 : accélérer la numérisation des réseaux enterrés qui est actuellement prévue dans un délai de 10 ans.

Action 6 : susciter une démarche normative nationale crédible (création d’une commission de normalisation NBN-BIM) aux yeux des acteurs de la construction ainsi que des développeurs de services informatiques. Ceci, en veillant à une cohérence à l’échelle, nationale, européenne (CEN BT WG 215 – Working Group dédié au BIM) et internationale.

 

 

[1] « Le BIM est un ensemble structuré d’informations sur un bâtiment existant ou un projet. Un ensemble qui contient les objets qui composent ce bâtiment, leurs caractéristiques, ainsi que les relations entre les objets. Pour certains le BIM n’est qu’un logiciel-outil, pour d’autres, il s’agit d’un processus collaboratif auquel peut être associé un format d’échange de données (IFC), une base de données du bâtiment ou une méthode d’analyse, voire même une méthode de management. » Le BIM et la maquette numérique, UCI-FFB, Editions PC, Novembre 2014

[2] http://www.cstc.be/homepage/index.cfm?cat=publications&sub=bbri-contact&pag=Contact42&art=643

[3] Le BIM et la Maquette Numérique  dans la maison individuelle et le logement collectif en zone urbaine et périurbaine – Edition PC –  novembre 2014

2 réponses to “Vers une utilisation généralisée des technologies numérique et une chaîne de valeur intégrée dans le secteur de la construction

  • Le Cahier des charges type bâtiment 2022 a été récemment mis en oeuvre. Son utilisation est importante pour le secteur de la construction

    Il est nécessaire de dégager des moyens au niveau de l’administration et du secteur pour adopter le CCTB le plus rapidement et le plus efficacement possible.

  • Michel Heukmes

    Ne pas attendre pour rester compétitif par rapport à nos voisins européens. Une manière d’améliorer les compétitivité des entreprises du secteur de la construction grâce à la limitation des dépassements budgétaires. Intégrer le BIM comme outil marketing vis à vis des maîtres d’ouvrage par de la visualisation 3D comme cela est par exemple développé en France.